Les multiples facettes de la Mauritanie

« Le Rio de Oro et sa sœur, la Mauritanie, étaient devant nous : le Trab-el-Beïdane, le « Sable (ou encore le Pays) des hommes blancs », des Maures. Un million de kilomètres carrés de sable qui s’étendent, d’une seule nappe ondulée de dunes et de vallées étroites, coupée, du nord au sud, par des chaînes de montagnes tabulaires – Adrar, Tagant, Assaba – entre les douteux confins marocains et la ligne précise du Sénégal, entre l’Atlantique et les grands déserts soudanais. »

Odette du Puigaudeau, qui fit quatre voyages en Mauritanie à partir de 1934, nous livre sa vision du pays dans cet extrait de son livre Pieds nus à travers la Mauritanie.

Tout y est. Ou presque. Car la Mauritanie n’est pas uniquement le « Pays des hommes blancs ». C’est une terre de brassage ethnique et culturel, qui plonge ses racines aussi bien dans le Maghreb qu’en Afrique noire. Ceux du Nord, les nomades arabo-berbères, y cohabitent avec ceux du Sud, les Négro-Africains. Si la mixité est loin d’être parfaite, elle forme le socle de la société mauritanienne, qui doit composer à la fois avec son arabité et son africanité.

Grand comme deux fois la France, le pays est occupé aux trois quarts par le désert sous tous ses aspects ; tantôt l’erg et ses dunes de sable, tantôt le reg et ses roches de toutes tailles, ou encore le reg azrag (reg mêlé de plaques de sable). A ces vastes étendues minérales ou sablonneuses se substituent par endroits des dhars, plateaux gréseux pour la plupart et tabulaires dans l’Adrar, ou des falaises abruptes dont la hauteur ne dépasse guère 300 mètres.

Les plaines et les piémonts de ces cordons dunaires ou ces plateaux sont parfois occupés par des sebkhas, vastes dépressions salines, plates, souvent vierges de toute végétation, où affleurent par endroits des dépôts blanchâtres, traces du sel encore présent dans le sol. Des oueds, rivières fossiles, entaillent et découpent ces paysages. Elles abritent d’anciennes cités caravanières aux ruelles d’ombre et de lumière, au milieu du sable qui les noie lentement, comme Ouadane et Chinguetti dans l’Adrar, ou Ksar el Barka et Rachid dans le Tagant, mais aussi de belles oasis qui sont des îlots de vie et de fraîcheur, à l’abri de leurs palmiers dattiers.

Souvent établies près d’une guelta (réservoir naturel d’eau de pluie) ou d’un puits, les oasis constituent le seul lieu où pousse en permanence la végétation dans ce milieu hostile, grâce, le plus souvent, au travail acharné de l’homme. Leur touche de couleur verdoyante offre alors un contraste saisissant avec l’aridité de l’environnement.
Dans ce vaste espace saharien les constructions humaines sont rares. La nature est souveraine. L’homme est vulnérable. C’est le domaine des pasteurs nomades : les fils des nuages.

A cette Mauritanie saharienne s’ajoute une autre Mauritanie, moins connue.

Dans sa partie sud, la vallée du fleuve Sénégal révèle une Mauritanie sahélienne où vivent des éleveurs peuls et des agriculteurs soninkés, toucouleurs et wolofs : les gens du fleuve. C’est la région des cultures irriguées, des pâturages et des grandes populations de zébus, où le climat est plus clément et la pluviométrie plus favorable. Cette bande de cultures maraîchères s’étend au-delà de la bordure du fleuve, jusqu’à Aleg et Boutilimit et, suivant la route de l’Espoir, autour de Maghta-Lahjar, et vers le plateau du Tagant où de nombreuses gorges et falaises donnent naissance à des sources et des oasis comme Tidjikja ou Rachid.

Dans le delta du fleuve, le parc national du Diawling est une vaste zone humide, véritable paradis pour des milliers d’oiseaux, mais aussi des mammifères et des reptiles.

L’étroite façade océane montre elle aussi un visage différent avec ses 800 kilomètres de côtes préservées de toute infrastructure, si l’on excepte les agglomérations de Nouakchott et de Nouadhibou. Le parc national du Banc d’Arguin, qui occupe la partie nord de cette bande côtière, est un lieu à part, protégé par les pêcheurs Imraguens, qui profitent de la générosité de la mer.

Les 12 000 km² du parc national classés au patrimoine mondial de l’Humanité, sont répartis entre domaines maritime et terrestre, sur près de 180 km de côte. La pêche y est strictement réglementée, et les constructions en dur sont interdites. Les eaux de l’océan Atlantique sont à cet endroit parmi les plus poissonneuses du monde, et offrent un garde-manger inépuisable à des millions d’oiseaux migrateurs venant d’Europe y prendre leurs quartiers d’hiver. C’est aussi le refuge des derniers phoques moines et un vaste espace de jeux pour d’innombrables dauphins, mais aussi des marsouins, des orques, des barracudas …

Nous avons pu appréhender ces différentes facettes du pays lors du voyage de reconnaissance

de l’océan aux dunes
du 28 octobre au 18 novembre

 

La région du Trarza
de Nouakchott à Rosso : le parc national du Diawling

Après la visite du musée national de Nouakchott, nous nous dirigeons vers le sud en longeant le littoral. A partir de l’oasis de Keur Massène, c’est un paysage lacustre qui se dévoile sous nos yeux, avec ses successions de bancs de sable et de roseaux où s’ébattent de nombreux oiseaux.

Dès l’entrée du parc national du Diawling, nous surprenons un phacochère, étrange animal trapu au groin proéminent encadré de deux solides défenses qui lui servent uniquement à déterrer les racines dont il se nourrit. Une déclivité du terrain dévoile des marais colonisés par des nénuphars. La végétation exubérante abrite de nombreuses espèces animales telles que ce crocodile assoupi ou ce varan du Nil en quête de nourriture.

Une multitude d’oiseaux peuple cet écosystème dont la couverture végétale procure protection et nourriture à de petits ruminants, mais aussi à des camelins grâce à la présence d’acacias, dont ils sont friands. Des mangroves accueillent des palétuviers. Toute une faune et une flore variées s’épanouissent dans cette vaste zone protégée où vivent aussi des pêcheurs et des agriculteurs éleveurs, profitant de ses riches pâturages.

En quittant la bande côtière nous longeons un temps le fleuve Sénégal en direction de Rosso, capitale de la région agricole et d’élevage du Trarza. Des rizières s’étendent à perte de vue de chaque côté de la route. Les palmiers doums, appelés ici azgelm, nous saluent de leurs hautes tiges ramifiées. Ils servent à fixer les dunes et entrent dans la confection des nattes et des paniers. Leur bois est également utilisé dans la construction.

 

La région du Brakna
d’Aleg à Maghta Lahjar et la Route de l’Espoir

Nous laissons derrière nous la vallée du fleuve pour Aleg, la capitale du Brakna, région fertile si l’on en juge par ses vastes champs de blé et ses rizières. L’élevage y est  l’une des activités principales, et nous croisons de nombreux troupeaux de chèvres et de zébus. En nous éloignant de la zone sahélienne la végétation ligneuse et les cultures disparaissent au profit de pommiers de Sodome (calotropis). Les dromadaires font leur apparition. Nous commençons à voir les premières khaïmas, la tente traditionnelle maure, de forme carrée, en coton ou en poils de chameau. Même chez les populations sédentarisées les traditions nomades restent vivaces. La khaïma c’est le foyer par excellence, le symbole de l’unité familiale. Nous roulons un temps sur la route de l’Espoir qui relie Nouakchott à Néma sur plus de 1 100 km.

Sur la route de l’Espoir – un troupeau de dromadaires

A Aleg nous dégustons le meilleur méchoui de Mauritanie, aux dires des autochtones. Échoppes et ateliers en tous genres bordent la rue principale de la bourgade. La plupart des hommes portent le large boubou traditionnel, bleu ou blanc, la daraa, et sur la tête le hawli en coton qui peut se mettre devant le visage pour protéger du sable, du vent ou du soleil. Les femmes maures couvrent leurs cheveux et drapent leur corps, des épaules aux chevilles, dans une melhafa en coton imprimé et coloré.

En fin de journée nous rejoignons Maghta Lahjar (la route de la pierre).

 

La région du Tagant
de Moudjéria à El Khatt :
la guelta de Matmata et les anciennes cités caravanières de Ksar el Barka et Rachid

En suivant une belle route goudronnée bordée de sable et de hauts genêts nous arrivons dans le Tagant. Traversée de la petite ville assoupie de Moudjéria coincée entre un massif dunaire et des escarpements rocheux pour rejoindre la magnifique passe d’Acheft par une route en lacets bordée de roches. Depuis son sommet on devine un peu en retrait de Moudjéria, le cordon dunaire noyé dans une brume de chaleur.

Ces curieuses constructions en pierres circulaires dressées sur le bord de la piste sont les greniers des Gangaras, populations qui vivaient dans la région il y a environ 2 000 ans.

L’oued Matmata est le lieu de rassemblement de nombreux troupeaux de zébus, de chèvres et de moutons qui viennent s’abreuver à son point d’eau. L’eau est rare dans ces contrées arides, et vitale, aussi bien pour les hommes que pour les bêtes.

En fendant cette caravane animale nous arrivons sur un aplomb rocheux dominant la guelta de Matmata. Le spectacle est saisissant.

Installation du bivouac près d’un campement nomade où l’arrivée de toubabs (blancs) est  une attraction pour les enfants qui se laissent photographier à l’envie.

Rencontre inattendue avec une famille de nomades à la recherche de nouveaux pâturages pour leurs troupeaux. Le boma (éclaireur) ouvre la marche et guide les bêtes. Des dromadaires portent les maigres biens de la famille, tandis que femme et enfants suivent le cheptel, juchés sur des ânes.

Nous roulons sur des sols inégaux, parfois plats, souvent encombrés de roches éboulées, pour arriver au réservoir de Guebou qui reçoit toutes les eaux d’écoulement du Tagant, où la moindre parcelle de terre irriguée est exploitée  (cultures de haricots, de melons blancs et de potirons). Le tamachmarit (herbe endémique), coupé puis séché, constitue un excellent fourrage pour les animaux.

Les anciennes cités caravanières 

Les vestiges de l’ancienne cité caravanière fortifiée de Ksar el Barka se dévoilent au débouché de l’oued El-Abiod (la vallée blanche). Fondée par les Kountas (population d’origine arabe) venus de Ouadane au XVIIè siècle, la ville fut abandonnée par ses habitants au XIXè, après plusieurs épisodes guerriers entre tribus rivales. La mosquée a perdu son toit, mais gardé ses colonnes qui se dressent vers le ciel.

L’ancienne cité caravanière de Rachid, surnommée La ville des poètes, de moindre proportion que sa voisine, a également été fondée par les Kountas au XVIIIè siècle. Mais au contraire de sa grande sœur, elle a beaucoup plus subi les ravages du temps.

 

La région de l’Adrar
d’El Khatt à Atar :
les anciennes cités caravanières de Chinguetti et de Ouadane,
les gravures et peintures rupestres et le Guelb er Richat

Nous longeons l’oued Taoujeft et progressons sur le sable, presque blanc par endroits sous l’effet de l’oxydation, avant d’aborder la dépression d’El Khatt (le trait) qui marque la frontière entre le Tagant et l’Adrar. Passage par le village de Kadhnach et ses tikitts traditionnelles (huttes rondes faites de branches et de feuilles de palmiers, ou de paille). Nous sommes entrés véritablement dans le pays de la pierre (Trab al-hajra), et roulons sur une piste chaotique pour atteindre la passe de Kadhnach débouchant sur une vaste dépression.

Sur notre gauche se dessinent les belles dunes de Bouaboun.

Continuation vers Ragme Nouaga dans un paysage dunaire. Déjeuner à Terghit où les enfants du village prennent la pause.

Nous empruntons ensuite l’Ouad-el Hnouk (l’oued des mâchoires), magnifique gorge de quelques centaines de mètres qui est l’aboutissement de millions d’années d’érosion fluviale.

Installation des tentes dans une petite palmeraie adossée à une mer de dunes.

En quittant la palmeraie, nous rejoignons la passe de Timinit Algoub (talon d’Achille) où nous retrouvons la pierre. Depuis son sommet, nous immortalisons l’oued Timinit où palmiers, prosopis et salicornes se disputent l’espace, sur fond de dunes et de roches.

Nous suivons ensuite une piste bordée de pierres de toutes tailles qui mène au hameau d’El Berbera (le chant de l’eau). La beauté du lieu vient du petit cirque profond d’une soixantaine de mètres, au fond duquel des sources forment une retenue d’eau où s’épanouissent des palmiers. Une gorge étroite relie cette cuvette à l’oued Timinit.

Puis nous traversons une grande étendue pierreuse avant de rejoindre l’oued Tifirit, vaste étendue de sable où la conduite est plus aisée. Face à nous se découpe la silhouette des monts Zarga, surnommés « la montagne bicolore » en raison de la couleur brune de ses pitons rocheux et l’ocre des dunes qui l’entourent. A Oudeye Amar (petit oued de la vie), nous faisons halte chez des nomades sédentarisés.

Puis nous gagnons Hofrat Aouelloul, cratère d’impact météoritique, et quittons peu à peu la pierre pour retrouver le sable tandis que nous dépassons la tête des monts Zarga surnommée Atègue. Face à nous deux petites collines en forme de terrils, en tout point semblables, qui ont pour nom Toumiet (les deux jumelles).

Bivouac dans le village d’Oudeye Amar.

La petite école du village et sa « cloche »

Classe unique où grands et petits, garçons et filles sont mélangés

L‘oued Chinguetti bordé de dunes nous mène à Chinguetti, la Mecque mauritanienne selon Odette du Puigaudeau. Parallèlement à ses fonctions commerciales et caravanières, la cité fut un centre de rayonnement religieux et culturel, à partir duquel l’Islam et la culture arabo-musulmane se sont largement diffusés dans tout l’Ouest africain. Elle comptait une palmeraie immense, une dizaine de mosquées et de prestigieuses bibliothèques. Il reste peu de choses de la grandeur passée de la Sorbonne du désert. Quelques maisons de pierres sèches et de pisé qui s’effondrent. Des ruelles envahies par le sable. Certaines familles ont conservé de précieux volumes qui se transmettent de générations en générations.

La bibliothèque de la famille Ali Ahmed Mahmoud

Flânerie dans les ruelles de la vieille ville.

La mosquée et son minaret surmonté de cinq digitations ornés d’œufs d’autruche

En quittant la batha de Chinguetti nous longeons la palmeraie de Teyaret, autrefois reliée à celle de Chinguetti. Passage par l’oued Douerate Tinigui.

camp d’été dans l’oued Douerate Tinigui

Pique-nique à la belle oasis d’El M’Ghader et sa petite palmeraie.

quelques gravures et peintures rupestres découvertes dans des replis de roches

Nous nous dirigeons ensuite vers l’oasis de Tanouchert. Quasiment abandonnée pendant de longues années, l’oasis et sa palmeraie revivent grâce au tourisme et à la ténacité d’un natif qui y a installé une auberge. Petit tour dans le village : des cases en feuilles de palmiers, des puits, des jardins, des enclos pour les animaux …

C’est par la piste d’un plateau sablonneux que nous rejoignons l’ancienne ville caravanière de Ouadane. Fondée au XIIè siècle, la ville connut 500 ans de prospérité, grâce au commerce de l’or et du sel. Son nom signifie « deux oueds », et souligne la dualité « connaissance-richesse », caractéristique propre aux lettrés de la ville qui s’adonnaient à la fois au commerce, s’occupaient des palmiers, et enseignaient aux étudiants.
Arrêt à la maison-musée de Sidi Mohamed Abidine Sidi, collectionneur et historien farfelu qui nous présente quelques-uns de ses manuscrits, et des objets hétéroclites qui encombrent sa cour.

Nous découvrons ensuite l’ancienne cité en empruntant la rue des quarante savants. Depuis la ville on aperçoit la palmeraie et les jardins qui s’étagent en bordure et au pied du plateau.

Pique-nique à Oudeye Chot (petit oued aux épines) où subsistent quelques gravures rupestres.

Le Guelb er Richat (le cœur des plumes), dôme circulaire fermé de trois crêtes concentriques, est un phénomène géologique qualifié d’ « accident tectonique ». La zone qui permet d’y accéder est couverte de milliers de tessons, attestant d’une forte présence humaine dans des temps reculés. Après avoir traversé de nombreux passages caillouteux, nous franchissons les trois cercles pierreux qui entourent le guelb. Au sommet du piton rocheux le panorama à 360° sur le site est à couper le souffle.

Nous franchissons ensuite la passe de Thenaya, excessivement caillouteuse et en forte pente. Depuis son sommet  et ses terrasses intermédiaires, la vue sur le cirque d’El Bayyed est magnifique.

Le tarf (promontoire) El Beyyed qui borde le cirque dans sa partie Est conserve de belles gravures rupestres.

Installation du bivouac dans le prolongement de ce promontoire rocheux.

Nous sortons du cirque par un défilé sablonneux bordé d’un côté par des plateaux tabulaires, et de l’autre par les dunes de la Maqteir. En suivant le tarf Lekhbour

nous faisons halte aux dunes de la Maqteir  près du tarf Tazazmout. Le sol est ici entaillé d’une multitude de petites ravines de ruissellement, ralentissant la vitesse. Nous roulons ensuite sur un site de taille du néolithique (nombreux bifaces) et traversons la vaste sebkha de Chemchane.

Nous apercevons sur notre gauche la silhouette du mont Teniagouri (815 m. alt.), cône tronqué parfaitement régulier, et ses deux pics caractéristiques appelés le « fou » et la « reine ».

Installation du bivouac à l’entrée nord de la passe d’Amogjar, au pied du mont Teniagouri.

Notre mission du jour est la traversée du Dhar Chinguetti pour rejoindre Atar en empruntant la redoutable passe d’Amogjar réputée très difficile, tant l’amoncellement de roches y est impressionnant. Le brouillard, épais par endroits, nous cache une partie du paysage.

Il se dissipe peu à peu, dévoilant un panorama saisissant, tandis que la piste se rétrécit au fur et à mesure de la montée.

Nous débouchons sur un plateau intermédiaire où subsistent les ruines du « Fort Saganne », construit en 1984 pour le tournage du film d’Alain Corneau.

Nous accédons enfin au grand plateau du Dhar Chinguetti, vaste promontoire qui domine l’oued et les plateaux alentours aux pentes abruptes. Un passage permet de rejoindre le site d’Agrour, un abri sous-roche où subsistent quelques peintures rupestres.

A partir d’Agrour la piste conduit à la passe d’Ould Ebnou qui mène à Atar, capitale de l’Adrar, et ancienne ville-garnison française. Il reste malheureusement peu de choses de la présence française, si ce n’est une ancienne maison coloniale et le cimetière.

 

La région de l’Inchiri,
d’Atar à la côte atlantique : les monolithes

En route pour la côte atlantique, nous découvrons les tikitts traditionnelles de la petite ville d’Azougui, berceau des Almoravides, qui partirent au XIe siècle à la conquête du Maroc et d’une partie de l’Espagne

Traversée d’un erg aux dunes peu marquées avant d’emprunter un temps une route goudronnée qui mène dans la ville de Choum, et plus au Nord, jusqu’à Zouérate. Nous suivons la ligne du chemin de fer qui relie en 18 heures Nouadhibou à Zouérate sur 650 km. Le train minéralier le plus long du monde (2 km), et le plus lourd (2 000 t.), est appelé ici le « serpent du désert ».

L’impressionnante masse du monolithe de Ben Amira se dresse bientôt sur notre droite, étalant ses flancs joufflus et lisses sous sa calotte de roche lézardée.

Le monolithe d’Aïcha, de moindre proportion, flanqué d’un rocher plus petit, la servante d’Aïcha.

Traversée d’une immense étendue de sable mou où nous croisons encore quelques dromadaires.

Nous entrons dans la région de Dakhlet-Nouadhibou. Le promontoire rocheux du cap Teferit  se détache sur l’horizon. Bientôt nous apercevons le camp de tentes en bordure d’océan. Nous sommes à l’entrée Nord du parc national du Banc d’Arguin.

 

La région de Dakhlet Nouadhibou
du Banc d’Arguin à Nouakchott : les villages de pêcheurs du littoral

Nous quittons le cap Teferit pour le village d’Iwik et ses cabanes de pêcheurs en tôle.

Promenade en mer sur une lanche (voilier traditionnel imraguen à fond plat d’origine canarienne). Nous observons de très loin de multiples oiseaux, mais ne pouvons les approcher car il est désormais interdit de descendre sur les bancs de sable où s’égayent un nombre impressionnant de volatiles, certains même  plongeant tout près de notre embarcation pour saisir leur proie.

Continuation de la route vers le sud, et le village de Tessot.

Les dunes qui bordent la mer sont couvertes de coquillages qui attestent d’une forte présence humaine depuis des temps fort reculés dans la zone. Traversée des villages de Teichot et  Nouamghar.

Déjeuner au cap Timirit, limite sud du Banc d’Arguin.

Nous roulons sur la plage, entre dunes et océan, dérangeant des centaines d’oiseaux qui se reposent au bord de l’eau et s’envolent à notre arrivée. Les vagues viennent lécher les roues des 4×4 qui risquent à tout moment de s’enliser dans le sable mou.

Le village de Tiwinit, le dernier avant Nouakchott.

Arrivée en fin de matinée à la plage des pêcheurs de Nouakchott. Nous abandonnons les voitures et continuons à pied parmi les pêcheurs qui préparent leurs pirogues pour sortir en mer, au milieu des cris, des bousculades, des interpellations dans toutes les langues du pays. Foule bigarrée où se mêlent des petits vendeurs de pains et des porteurs d’eau.

Nous rejoignons ensuite le centre-ville et déjeunons dans le petit restaurant où nous avions dîné à notre arrivée. La boucle est bouclée. En soirée nous prendrons le vol de retour pour la France.

 

 

Quelques lieux de bivouacs durant notre séjour
Tentes hautes traditionnelles équipées de lits de camp,
la tente « cuisine » et la tente « douche »

Avant de quitter le Trarza, près d’un campement peul

Dans le lit de l’oued El Abiod, au pied de Ksar el Barka

Dans l’oued Rachid, sous la garde de l’ancienne cité caravanière

Dans l’erg Ouarane, près de l’ancienne cité caravanière de Chinguetti

A l’entrée nord de la passe d’Amogjar, au piémont du Teniagouri

Entre Ben Amira et le Banc d’Arguin

Cuisson du pain sous la braise

Muriel Dauriac – avril 2020

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