Voyage en Altaï, la Russie des steppes

En partant pour l’Altaï russe, j’avais une idée assez vague de ce que j’allais découvrir. Je savais que ces « montagnes dorées » s’étendaient de la Russie à la province chinoise du Xinjiang en passant par la Mongolie et le Kazakhstan…Territoire immense, difficile à délimiter précisément.  Je ne trouvais pas non plus de carte assez détaillée pour me permettre de savoir exactement par où je passerais.

J’avais entendu parler du lac Teletskoïe – souvent rebaptisé « le petit frère du Baïkal » – et du Mont Belukha, le deuxième sommet plus haut de Russie (qui culmine à 4506m) après le Klioutchevskoï au Kamchatka. Je rêvais de marcher dans les pas du peintre-philosophe Nicolaï Roerich que j’admire tant. Grâce aux précieuses collections exposées à Kiev et Saint-Pétersbourg, l’histoire des Scythes, peuples indo-européens antiques d’Eurasie centrale, ne m’était pas complètement inconnue. Enfin, le mystère de princesse Ukok m’intrigait … Je pressentais quelque chose d’infini, de magique…

L’aventure commence dès l’aéroport de Roissy, lorsque l’hôtesse me demande si je vais en Russie car elle ne sait pas où se trouve Barnaoul…. Le pilote s’appelle Andreï Tarkovski (homonyme du metteur en scène soviétique, auteur d’Andreï Roublev, Solaris, Stalker, …). Je trouve que c’est de bon augure.

Barnaoul capitale du Kraï de l’Altaï

Elle se situe à 3400 km de Moscou. Elle fut fondée en 1739 par une famille d’industriels, les Demidov, qui avaient compris le potentiel de la région. Des montagnes riches en minerai : cuivre, or, mercure, plomb, argent et un fleuve (l’Ob) qui assurerait le transport. Barnaoul devint ainsi l’une des plus importantes villes minières de Sibérie.

Elle garde encore des traces de son glorieux passé : maisons de bois, églises, université et palais bordent l’avenue Lénine … Elle s’enorgueillit d’avoir vu naître Ivan Polnuzov, l’inventeur de la machine à vapeur en Russie, Germain Titov, le cosmonaute qui survola la terre en 1961 et Vassili Choukchine, acteur, réalisateur et écrivain soviétique dont l’oeuvre la plus connue est son roman l’Obier Rouge.

Sur la route qui m’emmène vers le sud, je découvre une vaste plaine cultivée principalement de céréales. La terre sombre semble riche et grasse et rappelle les terres noires ou Tchernoziom de Koubagne ou d’Ukraine.

Nous traversons Biisk, deuxième ville du Kraï de l’Altaï. Construite au bord de la rivière Bya, l’un des affluents de l’Ob, elle est aussi un noeud de communication. Elle a gardé quelques anciens bâtiments dont le musée de la Tchouïsky tract, une route commerciale qui mène jusqu’à la frontière Mongole et même au-delà. On dit qu’elle va jusqu’à Karachi, cela ouvre des perspectives… Appelée M52 jusqu’en 2018, c’est maintenant la route P256. Moins poétique que la Tchouïsky Tract, elle n’en perd pas pour autant son intérêt.

La première route remonte au XIXe siècle. Mais elle fut réellement construite dans les années 30 par les prisonniers des goulags.

Notre fil directeur sera donc la Tchouïsky tract que nous prendrons pratiquement jusqu’à la frontière mongole. Elle a été sélectionnée par le National Geographic comme l’une des 10 plus belles routes au monde.

Ce voyage demande quelques aptitudes : la patience, la contemplation, le silence, l’acceptation de la lenteur. Ce voyage n’a d’intérêt que si l’on accepte de rouler très longtemps, d’apprécier le silence, c’est presqu’une introspection. C’est un véritable challenge pour nous occidentaux qui vivons dans l’urgence, cherchons des réponses à tout et sommes déconnectés de la nature.

Gorno-Altaïsk capitale de la république de l’Altaï

Fondée en 1928 sur les rives de la rivière Katoun, Gorno Altaïsk, la modeste capitale de la république de l’Altaï (62000 habitants, des bâtiments soviétiques et bien sûr une statue de Lénine), recèle pourtant un trésor.

Au musée Anokhin, j’ai rendez-vous avec la princesse Ukok. Je vais enfin pouvoir la voir. Du moins, je l’espère car les conditions de conservation sont draconiennes. Elle n’est visible que 2 fois par semaine pendant 3 heures.

A peine entrée dans le musée, je vais directement dans la salle où elle est exposée. Elle est bien là, dans son sarcophage, nue, recouverte d’un voile. Grande émotion. La dépouille de cette jeune femme de 25 ans est parfaitement conservée car sa sépulture était prise dans la glace. Appartenant à la culture Pazyryk – un peuple nomade scytho-sibérien d’Eurasie dont la plupart des sépultures datent de l’âge du bronze – elle est célèbre pour ses tatouages. Sur son épaule gauche, on devine un animal mythologique entre griffon et capricorne.

Découverte par une équipe d’archéologues russes sur le plateau Ukok (près de la frontière avec la Chine, le Kazakhstan et la Mongolie) en 1993, cette princesse est l’objet de toutes les attentions dans la région. Tout d’abord conservée à Akademgorodok près de Novossibirsk, elle fut réclamée par les Altaïens qui considéraient qu’elle devait retrouver son territoire. Seule momie féminine tatoutée parmi les 9 retrouvées, on imagine qu’elle aurait pu être chamane.

« Akai Kine, leader des peuples Tiele, estime que la princesse est le « cordon ombilical de la Terre » et que « la mort ne peut être dérangée ». Il demande à ce que la princesse soit replacée dans sa sépulture, car elle est pour lui « la gardienne des portes de l’enfer, qui empêche la venue du diable ».

Ce musée conserve également de nombreux objets permettant de se familiariser avec les modes de vies de la région, l’habitat, les croyances… On y voit les objets rituels des chamanes, des Aïls (habitat conique), les babas (sculptures de pierre…). Il constitue une formidable introduction à ce voyage.  C’est là que je découvre également un peintre local : Grigory Choross-Gourkin dont les paysages laissent présager les beautés qui nous attendent.

Nous reprenons la route vers Tchemal. Nous avons laissé les plaines prospères pour nous enfoncer dans la forêt de conifères. Nous traversons de petits villages aux maisons de bois et prenons garde aux vaches et chevaux en liberté qui traversent sans crier gare.

Ce paysage me rappelle d’autres paysages autour de Vologda. Balalaïka et chœurs de l’Armée Rouge trottent dans ma tête. Anna nous attend devant son isba, habillée traditionnellement à la russe : platok (foulard à fleurs) jupe longue, tablier. Passionnée, elle essaie de maintenir les traditions et de décrypter la symbolique des dessins représentés sur les broderies, les œufs peints, appelés Pyssanka…dont elle nous explique aussi la technique. Nous sommes encore bien ancrés en Russie.

Nous arrivons à Tchemal, petit village touristique, point de départ pour les randonneurs. L’air y est pur et frais. Les isbas sont séparées par des palissades en bois et sur les chemins de terre des vaches se promènent en liberté. Tchemal est connu pour sa petite église juchée sur un rocher, appelé l’île de Patmos ! L’église et son iconostase semblent miniatures. On y accède par un pont suspendu métallique qui enjambe la rivière Katoune. Nous suivons le cours de cette rivière impétueuse depuis Biisk. Elle ressemble plus a un torrent qui descend des montagnes. Mais le plus surprenant est sa couleur vert émeraude.

Le lendemain, nous reprenons la Tchouïsky Tract vers le sud. Cette belle route goudronnée assure un déplacement fiable et rapide. Tel un ruban, elle se déroule, nous laissant découvrir au gré des virages ou des reliefs de nouvelles surprises. Au col Seminsky, la neige a déjà fait son apparition. Les rubans attachés aux arbres rappellent que la frontière mongole n’est pas loin.

La vallée de Karakol marque un changement dans le paysage. Plus lunaire, plus aride, elle est dominée par les trois pics Uch Enmek.  On commence à y croiser des troupeaux de moutons accompagnés de bergers à cheval ou à moto !

Altaï, Ouch Enmek

Nous découvrons dans la vallée les premières traces scythes in-situ : des stèles de 2-3 m de haut, orientées vers l’Est, des kourganes, sortes de gros tumulus qui n’ont peut-être pas livré tous leurs secrets.

Nous logeons dans un complexe composé d’aïls (yourtes en bois) et d’un bâtiment plus moderne avec des salles de bain à partager. Lorsque l’on voyage en Altaï russe, il faut se préparer à loger dans des conditions simples, modestes. Mais on est largement récompensé par ce que l’on découvre.

C’est à Karakol que l’on commence à sentir l’influence de la Mongolie. Le dîner typiquement altaïen qui nous attend est composé de viande et du boudin de mouton, du fromage cuit au feu et une boulette d’orge et de crème en guise de dessert. Le tout est accompagné de « koumys« , du lait de jument fermenté, de vodka altaïenne « arika » ou de thé salé avec de la crème et de la farine d’orge. La soirée se prolonge en musique avec un chanteur Kaï Chi, interprétant des chants de gorge. Vêtu d’un costume traditionnel en velours brodé et d’une coiffe en fourrure, ce musicien nous initie aux différents instruments locaux : le « topchour« , sorte de luth à deux ou trois cordes, le « chor« , longue flûte, un chapelet d’osselet, une grande corne de bouquetin et la fameuse guimbarde, le Khomus.

Altaï, Ouch Enmek

La route qui nous attend le lendemain est longue. Elle doit nous conduire jusqu’à Koch-Agatch aux confins de la Russie. Le départ matinal nous permet de voir une multitude de « sousliks » (spermophiles ou écureuils terrestres) qui s’éloignent à l’approche de la voiture. Si ce voyage est une immersion dans la nature, il est quand même difficile de voir des animaux sauvages car il faudrait vraiment s’enfoncer dans les forêts plusieurs jours avant d’apercevoir peut-être la fameuse « snejni bar », la panthère des neiges…

Les longues routes peuvent être synonyme d’ennui ou d’enchantement selon la façon de l’appréhender. Pour ma part, ce fut un enchantement parce que cette route mythique se prête à la contemplation et ce temps qui semble dilué peut-être aussi mis à profit pour parler de nombreux aspects de la culture locale. Ainsi, Aourika, la guide, m’apprend qu’il y a 5 lieux inscrits au patrimoine de l’UNESCO en Altaï : le plateau Ukok, le lac Teletskoye, le parc Katoun, le parc d’Etat biosphérique de l’Altaï et la montagne Belouka, probablement le lieu le plus célèbre de l’Altaï, en tout cas pour les randonneurs et alpinistes.

Un arrêt au col de Tchiketaman à 1460m d’altitude permet d’embrasser toute la vallée et de découvrir une partie de l’histoire de la Tchouïsky Tract. Cette ancienne voie commerciale qui existe depuis des siècles reliait la Mongolie et la Russie. On en voit encore le tracé originel.

AltaÏ, col de Tcheki Taman

Au détour de la route, en regardant ce qui me semblait être un grand champ, j’apprends qu’il s’agit d’un terrain de Kok-Borou : sorte de polo, joué avec le corps d’un mouton, sport traditionnel que l’on trouve aussi au Kirghizstan.

Puis nous longeons à nouveau l’impétueuse rivière Katoune, dont la couleur cesse de me fasciner.  Une halte au petit village de Ialoman, lové dans une boucle de la rivière, nous permet de nous rassasier de pommes juteuses et sucrées, gorgées de soleil et qui – sans aucun doute – n’ont jamais reçu de pesticide de leur vie.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons à la confluence de la rivière Katoune et de la rivière Tchouïa que nous suivrons jusqu’à la steppe de Koch Agatch. Les ovoos qui dominent cet endroit rappellent combien la culture chamanique mongole est présente.

Kalbak-tach nous révèle ses pétroglyphes. Il y en aurait environ 5000 allant du néolithique supérieur (Ve-IVe millénaires avant JC) à l’époque turcique (du Ve au Xe siècle de notre ère). Il représentent des animaux, des hommes chassant…mais leur signification reste encore un mystère tout comme les stèles que l’on découvre un peu plus loin.

Les maisons de bois qui bordent la route sont souvent entourées d’un enclos et dominé par une sorte de totem en bois, « tchaki », utilisé pour attacher les chevaux et dont le nombre d’encoches sur le tronc marque l’importance du maître de maison.

Altaï russe

Encore un arrêt pour observer le monument de la Tchouïsky tract. Cette route alors non asphaltée a été empruntée pour la première fois par une voiture en 1910. Mais ce sont des centaines de prisonniers qui y vont travailler dans les années 30 au péril de leur vie, qui ont permis une nette avancée des travaux.

Pour moi, l’étape la plus marquante de la journée est sans aucun doute le lac Geyser. On atteint ce petit lac entouré de bouleaux en empruntant des passerelles sur des marécages.  Le lieu est magique. Tel un miroir d’eau, les montagnes environnantes se reflètent parfaitement à la surface. Mais si l’on fixe le fond du lac dont l’eau est transparente, on découvre une sorte de calligraphie.  Une résurgence crée un mouvement continu dans l’argile blanche et grise qui tapisse le fond du lac. Tel un peintre invisible, le fond du lac ressemble à une calligraphie en constante évolution.

Koch Agatch, la Russie des steppes

A partir de là, il reste encore 120 km avant d’atteindre Koch-Agatch. Plus on avance vers le sud et plus le paysage le paysage devient désertique. Les arbres sont moins nombreux, moins hauts. La végétation commence à disparaître. Les couleurs glissent du vert au jaune-orangé jusqu’à arriver dans une incroyable steppe, la steppe de la Tchouïa. Située à environ 1800m d’altitude, entouré de montagnes, elle marque la fin de la Russie.

Je n’oublierai jamais cette arrivée au soleil couchant après deux jours de route, lorsque j’ai aperçu un troupeau de chameaux ! Moi qui suis plus habituée à la taïga, j’avais presqu’oublié que la Russie fait 17 millions de km² et que cette région est plus proche culturellement de la Mongolie ou de l’Asie Centrale que de l’Anneau d’Or  !

Koch-Agatch est une « oasis » dans le désert. 9000 personnes vivent là, un peu oubliées du monde. Quelques stations services, un hôpital, pas de restaurant, pas d’hôtel, plutôt des auberges rustiques. Pas de champ, la terre est trop sèche, pas d’industrie, juste de l’élevage. Koch-Agatch semble être une ville de passage pour les routiers qui traversent la frontière.

C’est une ambiance de bout du monde. Dans notre mini-hôtel de 6 chambres confortable et moderne mais sans restaurant, se trouve une cuisine où chacun prépare son repas et où l’on mange tous ensemble, ce qui est plutôt convivial. Il est situé à l’entrée de la ville, juste avant les « portes » que l’on trouve presque systématiquement dans chaque ville ou village.  Cet hôtel donne sur la vaste steppe, la nuit c’est le noir complet.

Altaï, Koch Agatch

Le lendemain, nous partons explorer cette vaste steppe. Depuis les collines environnantes, nous dominons ce paysage époustouflant. Face à tant de beauté, l’homme redevient humble. Il n’y est pour rien. On lui a tout donné. Il faut juste respecter cet endroit.

Au petit village de Kököru, nous visitons le modeste musée où sont exposés toutes sortes d’objets dont un os de baleine…Cela signifierait-il que cette vaste steppe était donc une mer intérieure il y a bien longtemps?

Ce village nous réserve une autre surprise. Une cérémonie bouddhiste a lieu. Elle est d’ailleurs filmée, probablement pour la télévision locale. Des fidèles déposent des offrandes au pied d’un stupa tout en répétant des incantations.

Mais, nous devons nous hâter car nous sommes attendus au village suivant : Jana Aul. Il s’agit d’un village kazakh, on y trouve une petite mosquée, des rues balayées par le vent et un petit musée où nous sommes reçu par la conservatrice. Une table a été dressée dans une des salles, à côté des animaux empaillés de la région ! nous dégustons avec les doigts un repas kazakh à base de viande de mouton et de lait car il ne pousse ni fruit, ni légume dans la région. L’accueil est chaleureux et convivial.

Sur le chemin du retour, nous verrons plusieurs cimetières kazakhs. Chaque tombe est entourée d’une palissade et surmontée d’un lance coiffée d’un croissant de lune.

Nous reprenons la Tchouïsky tract le lendemain. C’est à regret que je quitte cette région. Mais cette région ne finit pas de surprendre.

Peu de temps après notre départ, notre guide nous propose d’aller sur Mars !!!  A 45 mn de Koch-Agatch, on quitte la route pour aller découvrir des formations rocheuses d’une couleur éclatante.  Il s’agit de couches sédimentaires de cuivre, de fer et de souffre qui donne cette couleur rouge-orangée. D’ailleurs, là encore on trouve une multitude de petits fossiles de coquillages. L’endroit est superbe et assez connu. Mais même si l’on rencontre des touristes, l’Altaï est encore une région très peu visitée.

A Aktach, nous abandonnons la Tchouïsky tract pour traverser le plateau d’Ulagan. Très vite la route asphaltée laisse place à une piste de terre. Nous passons d’abord les « gorges rouges » où un renard traverse tranquillement la route, puis étangs et landes alternent avant de retrouver la taïga. Nous croisons quelques éleveurs de chevaux ou de vaches et traversons quelques villages paisibles.

Sur ce plateau, il y a l’un des sites archéologiques les plus importants pour la culture scythe : le site de Pazyryk. Fouillées dès 1920 par Sergueï Roudenko, ces tombes ou kourganes ont livré des momies, des squelettes de chevaux, des selles et surtout un tapis en laine, l’un des plus vieux du monde. Tout avait été pris dans la glace.

Katou-Iarik marque la fin de ce plateau. Nous dominons alors la vallée de la rivière Tchouliman encaissée en contre-bas. Face à nous un autre plateau d’où émergent de nombreuses cascades. Pour rejoindre le lac Teletskoye qui est la dernière étape de notre voyage, il nous faut descendre dans la vallée et pour cela emprunter une piste qui serpente et qui est très impressionnante. Notre chauffeur hors pair a l’habitude et y va lentement, laissant passer des camions surchargés qui montent. Nous

Les hébergements dans la vallée sont plus que sommaires. Heureusement, nous n’y passons qu’une nuit bercés par le bruit de la rivière.

Le lendemain, nous suivons la Tchouliman, dans une vallée verdoyante, nous traversons quelques villages avant de nous arrêter au pied des champignons de pierre. Il faut traverser le cours d’eau en bateau, dans une petite embarcation, avant de s’élancer à l’assaut de ces formations rocheuses.  Ce lieu se mérite, le chemin est raide et caillouteux et il ne faut pas avoir le vertige. Mais l’endroit est mystérieux, pris dans la brume et la vue sur la vallée mérite bien cet effort.

Il faut parcourir encore quelques kilomètres pour arriver sur les rives du lac où un autre bateau nous attend. On appelle le lac Teletskoïe, le petit frère du Baïkal. D’une superficie de 233km2, il est le plus grand lac de l’Altaï. Comme le Baïkal, il se vide par une seule rivière, la Biia, qui rejoint ensuite la Katoun et forment l’Ob, l’un des plus grands fleuves russes que nous avons vus à Barnaul. Le lac Teletskoïe est encaissé entre les massifs Korbou et Al-tyntou.

Le bateau nous dépose au petit village de Yaïliou où vit Eva, une jeune française venue faire un stage dans la réserve de l’Altaï, lors de ses études en agronomie. Elle y a rencontré Andreï, ils se sont mariés et vivent dans ce village où ils ont relancé la production de pommes typiques du lieu. Ils fabriquent un excellent jus de pomme mais Eva a aussi eu l’idée d’apporter une machine à glace et fabrique des glaces maison,tout d’abord à la grande surprise des habitants et des touristes de passage, mais qui est devenu un incontournable en été ! Eva et Andreï nous reçoivent très chaleureusement dans leur maison et nous font goûter leur excellent jus de pommes mais aussi leurs glaces maison qui est devenu un incontournable en été pour les habitants et les touristes de passage. Elle nous raconte sa vie en Altaï et combien elle s’y sent bien. Débordante d’idées et d’énergie, je suis sûre que son projet aura encore avancé la prochaine fois que j’y retournerai. La bruine qui sévit depuis le matin ne m’aura pas permis de faire de belles photos ni de visiter le petit village de Yaïliou, il faudra donc que j’y retourne d’autant plus qu’on peut parfois y voir des ours qui s’aventurent dans les vergers.

Nous reprenons le bateau pour Artybash, petite ville qui borde le lac pour une dernière nuit avant de repartir pour Barnaoul. Le lendemain, nous retrouvons les forêts de conifères puis les vastes plaines agricoles et l’aéroport.

Je laisse le mot de la fin à Nicolaï Roerich, célèbre peintre-philosophe russe  :

« L’Altaï est une perle. Non seulement la perle de la Sibérie mais aussi celle de l’Asie. Un grand avenir attend ce remarquable pays ».

Nathalie Evrard

Retrouver ce voyage sur notre site.

 

 

 

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