Afrique du sud : Dans les pas de Nelson Mandela

Arrivée à l’aéroport de Johannesburg, « tout le monde est là ?

Oui, à part Ted » (Apartheid) répond un de nos fidèles voyageurs…voilà qui donne le ton de notre voyage de 18 jours en Afrique du sud.

Guidés par Patrick, nous découvrons les villes du Gauteng et en profitons pour tordre le coup à quelques idées reçues (non Soweto n’est pas un coupe-gorge) et faire un état des lieux de la situation politique du pays.

Depuis la fin de l’Apartheid, nombreux africains noirs ont bénéficié de discrimination positive leur permettant une ascension sociale. Ils ne sont pas toujours qualifiés pour les postes occupés ce qui a créé parfois de gros problèmes au niveau régional ou national (ex : mauvaise gestion des énergies), les bidonvilles sont loin d’avoir disparu mais la politique de Nelson Mandela a permis à certaines familles de bénéficier d’un logement attribué par l’état. Beaucoup de gens désertent les campagnes pour les villes qui n’ont pas suffisamment de travail à offrir, cela ne fait qu’accroître le chômage et la pauvreté qui touche aussi bien les noirs que les blancs. De la fin de l’Apartheid, il persiste une haine des fermiers blanc, alimentée par certains partis extrémistes comme celui de Julius Malema, « les combattants pour la liberté économique ». Cela entraîne de nombreux homicides partout dans le pays et un sentiment d’insécurité poussant parfois les fermiers à quitter leurs fermes.

Nous poursuivons notre route en direction du Mpulanga, vaste région agricole. Ici, on cultive principalement maïs et noix de macadamia. On trouve aussi plusieurs mines de charbon. Nous achevons notre journée dans le village de Pilgrim’s rest, aux allures de western. Ce lieu a conservé ses bâtiments de l’époque fastueuse des orpailleurs et de nombreuses légendes ont façonné son histoire.

Nous évoluons dans un cadre splendide d’eucalyptus, de protéas et de fougères arborescentes jusqu’au Blyde River Canyon (3ème plus grand au monde) puis poursuivons par plusieurs safaris dans le parc Kruger où les éléphants sont très présents mais aussi les rhinocéros.

Nous quittons temporairement l’Afrique du sud pour le Swaziland nouvellement rebaptisé « Eswatini » par le roi Mswati III. Les paysages sont verdoyants et ne manquent pas de relief. Je suis surprise de découvrir un pays relativement loin des reportages très négatifs que l’on peut voir en France. Bien qu’aucun parti politique ne soit autorisé, les enfants sont scolarisés et il y a une grande solidarité au sein de la population qui fait que l’on observe peu de grande pauvreté. Nous profitons d’une balade à pied dans la réserve de Milwane à la recherche des Nyalas, crocodiles et phacochères.

En sortant de l’Eswatini, nous partageons un moment avec des écoliers Zoulous de la communauté Nompodo. 1000 enfants suivent les cours dans cette école chaque matin de la semaine et parfois le samedi. Nous en apprenons également un peu plus sur leurs croyances. Contrairement aux Ndebeles qui depuis une dizaine d’années ne vivent plus du tout de façon traditionnelle, les Zoulous suivent un code social bien défini et accordent une grande importance au culte des ancêtres.

La chaleur humide que nous pouvions ressentir dans la région de Durban se transforme peu à peu en air frais lorsque nous pénétrons les montagnes du Drakensberg. Nous traversons des collines bien vertes, parsemées de rochers ce qui confère au lieu une ambiance mystique.

Après l’ascension caillouteuse du Sani Pass au Lesotho, nous faisons la connaissance des Basothos, leurs huttes sont construites en glaise et bouse de vache car c’est une région où il n’y a pas d’arbre pour le bois et le pays est constitué à 75% de montagnes. Les basothos sont principalement des bergers. Nous dégustons leur délicieux pain de maïs qui n’a rien à envier à notre baguette !

Nous les quittons pour poursuivre l’aventure dans l’état libre d’Orange, plus précisément dans le parc du Golden Gate où nous effectuons de belles balades au milieu des hautes herbes, des fleurs et de jardins suspendus dans la roche. Progressivement, les plantations de maïs font place aux élevages de mouton mérinos et d’autruches jusqu’à rejoindre la petite ville de Graff Reinet où subsistent de nombreux bâtiments de style hollandais très bien conservés dont une très belle église. Hélas, le temps n’est pas avec nous. Les plaines sont exceptionnellement inondées et la vallée de la désolation que nous devions découvrir au coucher du soleil se trouve sous un brouillard épais. Une première pour notre guide en plus de 30 ans.

Le lendemain, nous profitons d’un temps splendide en arrivant sur Franshhoek et Stellenbosh, parmi les villes viticoles les plus réputées de la région du Cap Ouest. Nous profitons d’une petite dégustation de vin au milieu des vignes avant d’achever notre périple de plus de 4000 km au Cap. Ville très cosmopolite où se mélangent malais, descendants d’Afrikaner, coloured, indiens, San (qui attendent toujours qu’on reconnaissent leurs droits suite à la dépossession de leurs terres sous l’époque coloniale !) . Nous découvrons toutes les variétés de protéas (emblème du pays) aux jardins de Kirstenbosch et profitons d’une escapade sur la côte à la rencontre des espiègles manchots et des otaries.

Nous prenons de la hauteur depuis la montagne de la table où se dévoile sous nos yeux la ville et la fameuse île de Robben Island où Nelson Mandela aura passé 18 années de sa vie avant de devenir le premier président noir d’Afrique du sud, pays complexe et attachant qui a su se forger une identité forte au gré d’une histoire parfois douloureuse. Nous vous invitons à votre tour à découvrir ou redécouvrir ce pays en traversant des régions souvent peu fréquentées des hordes de touristes.

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