Patagonie chilienne: la Route Australe

Six ans après mon premier voyage en Amérique du Sud, j’ai eu de nouveau l’occasion, en décembre dernier, de parcourir le Chili.

Pays tentaculaire s’il en est, j’ai bien évidemment dû limiter mon voyage à deux régions: la Patagonie et l’Île de Pâques.

Connaissant déjà la Patagonie sud avec notamment le Parc Torres del Paine, Ushuaïa et le Perito Moreno (coté Argentine) ou encore le Détroit de Magellan, je me suis dirigé cette fois-ci de Puerto Montt à Tortel, afin de découvrir la mythique Route Australe chilienne.

Tout commence donc à Puerto Montt, porte d’entrée de la Patagonie chilienne et point stratégique pour se rendre sur l’île de Chiloé. 3h de route et de bateau plus tard, le calme et la douceur de vivre sautent immédiatement aux yeux : beaucoup de verdure, peu de circulation, climat printanier. Tout est réuni pour bien commencer ce voyage en s’acclimatant au pays. Les chilotes, habitants de l’île, vivent principalement de la pêche et de la culture de la pomme de terre. Leur accueil est des plus sympathiques

Chiloé a pour principale ville Castro et ses pentes vertigineuses. Mais ce qui caractérise cet endroit sont les maisons sur pilotis de toutes les couleurs, appelées palafitos.

En dehors de Castro, on retrouve des petits villages et ports de pêche comme Dalcahue qui propose un charmant marché local.

Chiloé est surtout composé d’un nombre impressionnant d’églises issues du 17eme siècle lorsque l’évangélisation par les Jésuites a commencé. Elles sont majoritairement construites en bois et souvent peintes de toutes les couleurs. Chacune des petites îles des alentours a son église comme à Chelin (ci-dessous).

L’ambiance sur ces petites îles est très calme et paisible. Il y fait bon vivre.

Première étape idéale pour commencer le voyage, je laisse derrière moi Chiloé pour entrer véritablement en Patagonie au niveau de Chaiten.

Mise en jambe dans le parc Pumalin avec la balade de la grenouille assez facile. Pas d’amphibien à l’horizon mais une flore assez variée. La végétation est en effet impressionnante et notamment les immenses feuilles de Nalca qui jouxtent le parcours. Ici, on s’en sert pour la cuisson du curanto, un plat de fruits de mer, saucisses et viande cuits sur des pierres chauffées.

La ruta 7 me mène ensuite au lago Yelcho. Le paysage se transforme alors car les sommets enneigés de la Cordillère des Andes font leur apparition. Le lago Yelcho, lieu de pêche prisé, se situe entre forêts et montagnes. Au coucher de soleil, l’eau du lac s’assombrit en même temps que le ciel rougit : le spectacle est saisissant.

Rencontre avec le premier glacier du voyage : le Yelcho. Y accéder se mérite car on marche une bonne heure en pleine forêt. On ne s’attend donc pas à déboucher au final sur une belle vue de ce glacier suspendu.

La découverte du village de Villa Santa Lucia est bouleversante. On voit sans mal les stigmates de la catastrophe naturelle de 2017 où une gigantesque coulée de boue a englouti les maisons des 300 habitants. Même si la vie reprend petit à petit son cours, l’émotion est encore vive après le décès de 11 personnes.

Le village de Puyuhapi jouit, lui, d’une localisation privilégiée face au fjord du même nom. C’est un joyeux mélange d’influences allemandes et chilotes. L’influence allemande se retrouve surtout dans la blondeur de quelques habitants, l’organisation du village très ordonnée, le nom des rues, sa brasserie, et quelques grandes maisons allemandes.
Dans cette ambiance très humide et nuageuse, il est quand même bien agréable de profiter de l’un des nombreux thermes dans les alentours face aux eaux calmes du fjord.

S’ensuit une très belle rencontre avec nos hôtes du soir : un couple argentino-chilien. Leur posada est superbe, entre le fjord et la montagne. C’est un voyage en lui-même que d’entendre leurs histoires et anecdotes sur la région. Un bon moment de partage…

300 km plus au sud sur la route australe, il faut faire un demi-tour sur soi-même pour admirer le Cerro Castillo qui trône sur la vallée. Comme son nom l’indique, on l’identifie facilement à un château fort. Villa Cerro Castillo, petit village en contrebas, est devenu au fil des années le repère des randonneurs, point de départ parfait pour découvrir les environs.

Après toute cette route aux paysages changeants, il est temps de poser mes valises dans un lieu enchanteur : le Terra Luna lodge.
Au bord du Lac General Carrera, face au Mont San Valentin, on ne pourrait rêver mieux pour se ressourcer, voir le temps qui passe et surtout admirer les trésors de la région : des chapelles de marbres en passant par le glacier Leones ou encore le glacier Nef en hélicoptère, il y a tant à faire dans les environs. Ajouter à cela différentes petites balades à pieds et le village encore authentique de Puerto Gadal, le lodge Terra Luna mérite à lui seul le voyage tant on s’y sent bien, en harmonie avec la nature.

 

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L’étape suivante apporte elle aussi son lot de surprises : un village entièrement constitué de passerelles en bois de cyprès. Caleta Tortel présente en effet la particularité de ne pas avoir de rues mais des passerelles, plateformes, escaliers et ponts reliant les différents points de ce lieu pittoresque, déclaré zone typique pour son architecture et pour le mode de vie de ses habitants.
Tortel est aussi l’occasion d’aller explorer un nouveau glacier, cette fois ci à bateau : le Montt. Arriver face à lui par voie maritime entre les icebergs de différentes tailles est impressionnant.

Le retour sur la route australe mais cette fois du Sud au Nord donne parfois une toute autre vision des environs. On a beau avoir fait le même trajet en sens inverse quelques jours plus tôt, on découvre encore des choses nouvelles. Ainsi, la couleur bleu turquoise du Lac General Carrera apparaît à travers les arbres, le Cerro Castillo est visible à des kilomètres et la nature semble avoir évoluée en quelques jours.

Les visites des parcs Patagonia et Tamango confirment la très bonne qualité des infrastructures pour accueillir les touristes avides de grands espaces : les chemins de randonnées sont bien balisés, l’accueil exemplaire avec distribution de plan du parc et les guides locaux compétents.

Après avoir longé le lac du General Carrera par la rive Est cette fois ci, j’arrive tout proche de la frontière argentine afin de découvrir la réserve Jeinimini. Ce parc se démarque des autres de part la diversité de son environnement. Moins de verdure, terre plus aride avec des couleurs innombrables. On pourrait se croire dans les steppes Mongols, au parc américain de Bryce Canyon ou encore au bord d’un lac suédois. C’est une étape magnifique pour terminer cette exploration de la route australe chilienne.

Mais avant de regagner la France au cœur de l’hiver, je ne pouvais quitter le Chili sans aller découvrir l’un de ses lieux les plus originaux : l’île de Pâques.

Séjourner sur l’Île de Pâques c’est passer du temps loin de tout. Confronté à une culture différente, entre Polynésie et Amérique Latine, il est difficile de se sentir connecté au monde actuel. Connue pour ses statues géantes, les énigmatiques moais, l’ile de Rapa Nui a ce quelque chose de magnétique et de mystique. Les premiers habitants, arrivés entre le IVeme et le VIIIeme siècle des îles Marquises et Cook, ont établi une civilisation unique.
Aujourd’hui encore on peut ressentir l’ambiance d’antan en se baladant dans les rues de Hanga Roa, la capitale. Le rythme de vie des habitants est assez lent, la musique polynésienne omniprésente et il est de coutume d’aller défier les vagues de l’océan Pacifique une fois la journée de travail achevée.
L’observation attentive des moais nous apprend énormément de choses et c’est à se demander comment les habitants pouvaient, jadis, transporter ces statues pesant jusqu’à 100 tonnes!
Ces histoires sont belles et voir les monolithes en vrai permet de se rendre compte des chantiers pharaoniques que cela impliquait. l’île recèle de légendes et explications plus étonnantes les unes que les autres.
Au bord du volcan Orongo, j’apprend par exemple l’histoire de la cérémonie de l’homme oiseau: afin d’obtenir la gouvernance de l’île, les différents clans s’affrontaient en allant chercher un œuf très rare sur une petit île à 1.4 km de la côte. Malgré les vagues et l’ascension du volcan, celui qui rapportait l’œuf intact était proclamé vainqueur! Cette tradition eu lieu jusqu’au XIXeme siecle…

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Ainsi, d’une île à l’autre, ce retour au Chili m’a encore une fois émerveillé. De l’île de Chiloé à l’île de Pâques en passant par la cordillère des Andes et ses paysages époustouflants, ce voyage m’a d’autant plus donné l’envie d’y revenir plus tard afin d’explorer ces régions sud-américaines encore méconnues et de vous les faire découvrir.

Kevin Marzolf

 

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