En 2018, Explorator est retourné en Égypte, après plusieurs années d’absence, pour un voyage de reconnaissance aussi ambitieux qu’essentiel. Malgré les restrictions de la police touristique locale et la prudence persistante des recommandations officielles, nous avons fait le choix assumé de repartir sur le terrain.
Objectif : concevoir un itinéraire complet à travers l’Égypte, depuis les terres fertiles du delta du Nil jusqu’à la première cataracte nubienne d’Assouan, en passant par les rives limoneuses du fleuve roi. Un voyage de 18 jours, dense et contrasté, tout juste suffisant pour saisir les paradoxes d’un pays aussi fascinant que déroutant.

Du Caire frénétique aux villages fellahs paisibles, des légendes pharaoniques à la réalité post–printemps arabe, des champs verdoyants du delta aux temples minéraux de Haute-Égypte, ce voyage traverse les siècles et les cultures.
Les contrastes et les paradoxes sont multiples... Il se lisent sur les visages : les peaux sont claires du nord et plus on descend vers la nubie, plus les teints deviennent hâlés; ils se retrouvent aussi dans les rythmes urbains effrénés du Caire opposés à la lenteur assumée du sud.

L’une des principales difficultés d’un voyage en Égypte reste de se repérer dans la chronologie des dynasties, la généalogie complexe des dieux (aux multiples représentations), des pharaons et même des empereurs romains de passage. Mais nul besoin d’être spécialiste.
Chaque site visité est une histoire, qui s’ajoute à la précédente, tissant peu à peu un fil entre mythe et réalité. Les connaissances se construisent naturellement, temple après temple, tombeau après tombeau.

À Rosette, les habitants — privés de touristes depuis longtemps — nous accueillent avec une chaleur désarmante. Photos souvenirs, sourires, fierté visible du responsable du musée : notre visite devient un événement.

Nous posons nos valises deux jours à Alexandrie pour découvrir :

Dans la vallée du Fayoum, nous découvrons nos premiers monastères coptes, protégés par des murailles de pisé.
C’est aussi notre premier contact avec la vie monacale, l’art copte et les réalités sécuritaires locales.
Le bruit, la pollution, la circulation… et pourtant une beauté brute, une diversité inégalée. Klaxons, appels à la prière, musique omniprésente : Le Caire ne dort jamais.

À Saqqarah, l’un des sites archéologiques les plus riches d’Égypte, les découvertes sont constantes.
C’est ici qu’Imhotep, architecte du roi Djéser, inventa la pyramide à degrés, modèle des pyramides de Gizeh.

Un trésor inépuisable, couronné par l’émotion intacte face au trésor de Toutankhamon.

Calme, peu fréquenté, et pourtant l’une des plus grandes collections au monde, du VIIᵉ au XIXᵉ siècle.


Cohabitation religieuse, senteurs d’épices, couleurs éclatantes, négociations animées et verres de karkadé offerts à chaque pas.
En Haute-Égypte, la terre devient aride, sauf le long du Nil, où chaque mètre carré est cultivé.
Parmi les sites majeurs :


À Louxor, tout s’intensifie :
Le minibus laisse place au bateau.
La navigation dépend du vent : voile dehors ou remorquage motorisé. Le temps s’étire, le fleuve impose sa sagesse.
Visites au fil de l’eau :

À Assouan, tout se fait en felouque :
Le musée de la Nubie retrace l’histoire bouleversante d’une civilisation déplacée lors de la création du lac Nasser.

Le voyage s’achève sur le site monumental d’Abu Simbel, symbole du génie humain et des travaux pharaoniques.
Déplacé pierre par pierre pour être sauvé des eaux, le temple conserve son miracle :
deux jours par an, le 22 février et le 22 octobre, le soleil illumine Ramsès II, Amon et Rê-Horakhty… laissant Ptah dans l’ombre.
Un immense merci à Olivier Georges des Aulnois pour ses photos, ainsi qu’à tous les voyageurs de ce voyage de reconnaissance :
Muriel, Olivier, Jean-Paul, Ginette, Denis, Michèle, Franck, Patricia… et bien sûr notre guide Kimo, saperlipoupette !
